Lablachère (ou La Blachère) était une paroisse voisine de
Joyeuse
dont le nom provient de Blache qui signifie en occitan chêne blanc. La
Blachère était en effet, avant la révolution, entourée de forêts qui furent
alors partagées entre les habitants qui s'empressèrent de les défricher pour
y planter châtaigniers, mûriers et vignes. Cette forêt, nommée forêt de
Bauzon, faisait partie du domaine des rois d'Arles
et appartint plus tard à la maison des
Châteauneuf-Randon et ensuite à la
Maison de Joyeuse par Dragonet de Châteauneuf, alias Randon qui échangea
le nom de ses ancêtres par celui de sa possession.
Plusieurs contrats règlent depuis le début du XIIIe siècle les droits des
seigneurs et des habitants de Lablachère et de Joyeuse, pour les usages,
pacages, glandages etc. Il en fut ainsi pendant une longue suite de siècles
jusqu'au milieu du XVIIIe siècle, époque à laquelle La Blachère eut à
défendre ses forêts contre les prétentions peu justifiées des paroisses de
Faugères,
Payzac et
St-Genest-de-Bauzon. Il s'ensuivit de nombreux, longs et coûteux procès;
commencés au milieu du XVIIIe siècle ils ne prirent fin qu'en 1813, par un
arrêt de maintenue en possession, en faveur de La Blachère.
Le 14 mars 1821, une ordonnance royale fixa le partage du communal de Bauzon
en 417 lots entre les habitants de la commune. Par suite de ce partage, les
habitants de Joyeuse perdirent la jouissance qu'ils avaient eue pendant
plusieurs siècles.
De nombreux contrats anciens, stipulant que La Blachère faisant partie de la
baronnie de
Joyeuse,
était tenue de supporter certaines charges et de contribuer notamment à
l'entretien des remparts de la ville de
Joyeuse
.
En décembre 1250, Guigon de Châteauneuf passe dans l'église de
Tine un
acte confirmant aux habitants de Joyeuse et de tout son mandement, dans
lequel La Blachère est comprise, les libertés et coutumes jadis concédées,
des droits de faire dépaitre, cueillir des glands et du bois dans ladite
forêt pour leur nécessaire, à l'exception des étrangers et le seigneur
s'engage à ne pas aliéner ce bois.
En mars 1260, il fut convenu entre le seigneur de Joyeuse et Dom Mathieu,
abbé du monastère des Chambons, que les troupeaux de moutons de ce dernier
pourront, en montant et en descendant, user de ladite forêt, comme il a été
accoutumé de faire, pourvu qu'ils ne fassent pas un séjour de plus de trois
jours en passant.
Le 5 janvier 1357, convention entre les consuls de Joyeuse et ceux de La
Blachère portant que le tiers des dépenses pour les réparations des remparts
de Joyeuse seront à la charge des habitants de La Blachère.
Le 28 mai 1373, Noble Pierre de Malet, co-seigneur de Vernon, rend hommage à
Louis, Baron de Joyeuse.
Le 12 janvier 1388, les consuls de Joyeuse et de La Blachère nomment des
arbitres pour la question toujours pendante des réparations des remparts et
du pont et de la garde des portes mais ils ne purent s'entendre.
Le 5 avril 1412, compromis par lequel les habitants de La Blachère doivent
contribuer pour un quart aux réparations des remparts et à la garde des
portes de Joyeuse. Cette question fut définitivement jugée par les nombreux
articles de ce compromis.